Le terroir en grand danger Imprimer
Écrit par Administrator   
mercredi, 14 avril 2010 11:41
Indiscutablement, le département des Alpes-Maritimes jouit d’un statut privilégié en matière d’agriculture et de produits du terroir. Même s’il a perdu de sa notoriété et de son pouvoir économique face à des activités comme le tourisme ou les nouvelles technologies, il conserve des atouts incontestables qui sont largement reconnus parmi les professionnels. Plusieurs filières, notamment oléicoles et mellifères, sont régulièrement primées dans les concours nationaux. La qualité et la technicité des produits agricoles du département sont véritablement une chance pour ce territoire.

Malgré cette reconnaissance partagée, la réalité économique est fort difficile, faite de paradoxes, d’impasses et d’incertitudes. Le territoire, étroit au niveau de sa côte, a vu croître les espaces urbains jusqu’à saturer tout le bas pays. Des terres agricoles largement répandues autrefois, il ne reste presque plus rien. Affaiblis, ne pouvant pas lutter contre l’urbanisation galopante, les agriculteurs ont lâché prise, au point d’être complètement marginalisés.

La situation est telle que l’on parle à mots couverts d’une probable disparition de l’agriculture dans le territoire. Les causes sont nombreuses et l’on ne peut accuser personne, sinon s’en prendre à la société tout entière qui a négligé ses attaches à la terre. La terre, justement, affiche des prix indécents, ce qui constitue sans doute l’une des causes majeures du recul inexorable de l’agriculture. Le désamour vis-à-vis de la fonction agricole est sans doute une plus grande inquiétude d’ordre sociétal, bien que l’on assiste depuis peu au retour de la nature portée par des valeurs de développement durable.

Alors que faire ? Personne ne souhaite la disparition de l’agriculture. Professionnels, syndicats, associations, politiques, tous ont donc décidé de prendre le problème à bras le corps. Des Assisses départementales sont organisées en juin prochain avec un objectif très clair de sauvegarde des meilleures filières d’activités. La volonté est là, commune à l’ensemble des acteurs, mais le risque demeure de voir se marginaliser encore un peu plus ce secteur qui mérite pourtant bien des égards. Des solutions existent, des synergies peuvent se mettre en place, des opportunités réelles ne demandent qu’à être développées. C’est à présent affaire de personnalité plus que d’obstacles externes.